Revin: le handball pour thérapie – lardennais.fr

Après avoir fait ses classes à Revin, Bogny-sur-Meuse puis Saint-Brice-Courcelles, Yohan s’est envolé vers le centre de formation de Saint-Raphaël. Il évolue aujourd’hui à Massy, en région parisienne.

Revin. Originaire de la ville, Yohan Herbulot est l’un des joueurs les plus prometteurs de sa génération. Et la grave blessure dont il se remet ne suffit pas à entamer une motivation féroce.

L es blessures arrivent toujours dans ces moments-là, au plus mauvais !  » Des moments comme le début de saison canon de Yohan Herbulot, arrière-gauche de Massy, en deuxième division nationale. Après seulement 3 rencontres, le géant (2,06m) a déjà inscrit 22 buts, et est élu joueur du mois de septembre. «  Le trophée de joueur du mois, il représente mes heures de travail au quotidien, explique le joueur. J’avais déjà eu ce trophée au mois de décembre la saison dernière, mais là je l’ai obtenu dès le 1er mois, ça m’avait vraiment boosté, je me disais qu’il fallait que je confirme.  » Le sort en décide autrement. Dès le mois suivant, Yohan se blesse au genou. Le verdict est sans appel : rupture des ligaments croisés, et un minimum de 6 mois sans jouer.

« Je m’attache aux clubs »

Loin d’être suffisant pour entamer la détermination du Revinois d’origine a s’imposer au plus haut niveau. D’autant que son club lui fait confiance, et veut prolonger son contrat malgré ce coup d’arrêt. «  Je me plais énormément à Massy, et je garde l’objectif de retrouver rapidement la première division, puis d’aller en équipe de France. Je ne préfère pas m’enlever cette idée de la tête, martèle le jeune homme de 23 ans. Beaucoup penseront que c’est un objectif un peu naïf, un rêve d’enfant, mais ça ne me dérange pas. Quand j’aurai atteint le sommet, je serai content de le montrer.  »

 

Trop de sacrifices ont été faits, trop d’épreuves ont été traversées pour qu’une simple blessure vienne stopper son ascension. Tout juste pourra-t-elle la ralentir. «  J’ai une source de motivation supplémentaire  », confie-t-il. Très jeune, il perd sa mère, alors que son père souffre de problèmes de santé. «  Ces épreuves ont fait de moi la personne que je suis. Ça n’a pas été facile, et le handball a un peu été ma thérapie. Ça m’a aidé à me relever, à me vider la tête.  »

Il découvre ce sport enfant, au club de Revin, qu’il ne quitte qu’à l’adolescence, lorsqu’il entre au pôle espoir handball du Creps de Reims. Il garde d’ailleurs un profond attachement envers ce club, qui n’est actuellement plus en activité. «  Ça m’attriste de voir que le club meurt, c’est le club qui m’a formé, se désole-t-il. J’aurais aimé lui apporter un peu de reconnaissance.  »

Son ascension sportive le mène ensuite à Bogny-sur-Meuse, puis à Saint-Brice-Courcelles. Là encore, impossible pour lui de ne pas s’éprendre du maillot. «  Je m’attache forcément aux clubs par lesquels je passe. À Bogny, je ne suis resté qu’un an, mais je prends vraiment plaisir à revenir.  » Et même à jouer, sous d’autres couleurs (voir par ailleurs). Mais les clubs de la région sont trop petits pour le colosse ardennais, qui fréquente les équipes de France jeunes. C’est vers le centre de formation de Saint-Raphaël, grosse cylindrée de première division, qu’il se dirige et poursuit son développement. Il est prêté à Massy pour la saison 2015/2016, afin de gagner en temps de jeu et en expérience. Mais une blessure l’empêche de faire ses preuves, et Saint-Raphaël ne le garde pas. Tant pis, Massy a décidé de parier sur lui et lui offre un contrat. «  Si je pouvais monter avec Massy, ce serait le must, rêve celui qui garde la D1 en ligne de mire. Le club le mérite vraiment, ce serait une belle récompense pour tous ceux qui font des efforts pour qu’il tourne malgré notre petit budget. Après, si ce n’est pas possible, j’irai ou le vent me mènera avec mon petit baluchon.  » Au plus haut niveau national, et peut-être international. «  Quand j’étais gamin, Ardennais venant de Revin, jamais je n’aurai imaginé porter le maillot bleu en équipe de France jeunes, se souvient-il. Je me dis que si j’ai été capable de le faire en jeunes, je peux aussi le faire en séniors.  »

Robin Philippot

Source : Revin: le handball pour thérapie – lardennais.fr

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